3 thoughts on “COUCOU

  1. Héléna,

    La vue de cette initiale mais déjà épique publication m’emplit le cœur et l’esprit d’un bien trop rare sentiment; celui, doux mais profond, de l’accomplissement d’un cycle exhaustif de la perception du propos.
    Car ici, tout est dit. Ou plutôt tout est montré, puis dit. Ou dit, puis montré. Dit et montré à la fois, en fait. Le texte accompagne l’image aussi bien que le texte est accompagné par l’image. Les deux supports fondamentaux, tels deux êtres connivents, se supplètent, se regardent, se répondent, se complètent; ils pourraient être une illustration holiste, tant leur union dépasse la simple somme de leurs individualités.

    “Coucou”… Onomatopée qui renvoie à une introduction survenue, soudaine et pétillante. Car les deux images chapeautées par ce subtil ornement m’éclatent littéralement à la vue. Elles me parviennent, puis successivement m’amusent, m’étonnent, puis me questionnent. Car le sens, s’il est puissant, n’est pas évident. Il faut aller le trouver, scruter l’œuvre, passer outre la présentation physique. Mais la récompense est ô combien de taille…
    C’est le félidé qui délivre le message. Y-a-t-il meilleur choix? J’en doute, tant cet animal représente dans l’inconscient collectif la placidité et l’affranchissement des considérations superficielles. Alors j’ai envie de (re)plonger, avec lui, dans l’essentiel (l’Essence du Ciel, comme quelqu’un que j’estime infiniment me l’a inculqué).
    C’est ainsi, c’est alors, que j’intègre aux tréfonds de ma conscience la dualité du sujet graphique. Tels le titre et l’image, les deux captures fonctionnent comme un couple. J’ai d’abord cédé à la facilité, et pensé qu’elles se succédaient. Oui, mais dans quel ordre? Dans le sens de défilement? Non, on ne peut définitivement pas se résigner à se faire dicter l’interprétation par l’exigence du support technologique. Alors j’ai compris qu’elles sont simultanées, qu’elles symbolisent deux vérités qui se côtoient.

    Sous l’apparente similitude, se cache la confrontation. En bas, l’obscurité. Un œil mi-clos et une oreille inclinée, comme prosternés devant la fatalité. En haut, la clarté. Les yeux sont écarquillés, et la bouche, grande ouverte, semblent emplis et submergés par la vie. Dans chaque élément, la cadre rappelle l’idée, le sol (couché) sombre et sale contrastant avec le mur (debout) clair et immaculé. Je remarque que la technique est au service de l’art; en passant de la photographie “claire” à celle “obscure”, on passe de 100 à 125 ISO. On augmente la sensibilité, on perd ainsi en netteté, l’espoir laisse place à la détresse.
    Mais l’animal grimaçant n’a pas le monopole de cette détresse. Car son homologue, s’il est accompli, laisse paraître de l’inquiétude. Parce que la plénitude nous fait peur. Nous en avons peur car elle nous est relativement inconnue, mais aussi car, paradoxalement, elle nous vide. Rien ne la suit, tout la précède: c’est la fin. Et la fin, c’est la mort.

    Chère Héléna, j’espère que ces quelques lignes témoignent de l’intérêt que j’ai à l’égard de votre œuvre. J’espère que vous partagerez d’ici peu de nouvelles parcelles de votre âme.

    Un admirateur

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *